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Depuis mon dernier billet, la situation en Ukraine reste de loin le plus grand détonateur potentiel de la seconde vague de la crise financière mondiale. Comme je l’ai souvent indiqué il ne s’agit pas de tomber dans une vision simpliste « le méchant Poutine contre les gentils Européens et Américains ». Il n’y a pas de gentils mais uniquement certains pays et politiciens animés de motivations purement égocentriques. Sur le terrain, la situation continue à dégénérer vers une guerre civile. Il est intéressant de constater que l’attitude des principaux média est tellement biaisée que de plus en plus de personnalités commencent à émettre des doutes (lire l’intéressante l’opinion d’un ancien ambassadeur, de journalistes connus comme Neil Clark ou P.C.Roberts, voir l’émission sur la chaine allemande ARD, etc lire et lire et lire et lire et lire).  Pour celui qui s’intéresse objectivement aux évènements en Ukraine (lire mes articles précédents), il ne fait aucune doute que le nouveau premier ministre en Ukraine (qui n’a fait que 7% à la présidentielle de 2010 !) a été mis en place par un putsch fomenté par les Etats-Unis. Ce qui est nettement moins évident c’est de comprendre la motivation des Etats-Unis pour intervenir de manière aussi flagrante en Europe. A ce stade, une invasion de l’Est de l’Ukraine par la Russie (comme ce fut le cas en 2008 pour l’Ossétie du Sud en Géorgie) est toujours improbable, de même que l’envoi de troupes de l’Otan en Ukraine. Est-ce que le but de ces bruits de bottes est de pousser l’Otan à acheter du matériel militaire américain afin de soutenir un des piliers de l’économie US (lire) ?

Dans un climat « d’amitié » renforcée avec les Etats-Unis face au « méchant ours russe », est-ce que l’Europe va se précipiter pour signer le traité commercial (PTCI anciennement TAFTA) négocié dans un quasi secret ? Un vieux désir des US (voir) dont le but réel n’est pas d’abolir les faibles taxes douanières (rarement plus de 3% voir) mais « d’harmoniser progressivement les réglementations de part et d’autre de l’Atlantique » afin de pousser l’Europe à abandonner ses mesures protectrices contre les OGM de Monsanto, les poulets chlorés et bien d’autres produits agricoles américains de faibles qualités. Bien entendu cela offrirait de nouveaux débouchés aux gaz de schistes US même si la route est encore bien longue avant que l’Europe ne puisse se passer du gaz russe (lire)

Est-ce que les US veulent mettre à genoux la Russie, ce pays empêcheur de tourner en rond en Syrie, en Iran, etc. Si oui, comment ? Une première humiliation est venue en 2013 lors du blocage d’énormes dépôts russes dans certaines banques chypriotes. Cet événement a non seulement eu un impact en Russie mais a aussi contribué à détériorer la situation financière de l’Ukraine car les banques chypriotes y ont lourdement investi. Puis est venu le putsch en Ukraine et la phase active de la guerre financière contre la Russie avec comme conséquence l’exode de capitaux et l’obligation pour la banque centrale russe de vendre ses réserves pour soutenir le rouble alors que la Russie est un des pays qui a la plus forte dette en devise étrangère (lire). Nuançons en notant que les banques et entreprises russes disposent de confortables réserves en devise (lire). Autre conséquence, la perte de croissance, passée de 6% à 2%, avec des perspectives publiées par la banque centrale russe très négatives et finalement la dégradation récente de la note de crédit de la Russie (lire et lire et lire).

On peut donc lister certaines raisons pour l’action des US mais qu’est-ce que les politiciens européens ont à gagner d’une confrontation avec la Russie? Objectivement, absolument rien. Pourquoi agissent-ils de la sorte ? Ont-ils peur d’une confrontation avec les US ? Mystère total.

Est-ce que les US veulent précipiter l’effondrement économique en Europe afin de pousser les capitaux à se réfugier aux US ?

Finalement est-ce que les US ont seulement une véritable stratégie précise pour encourager la confrontation avec la Russie ?

A ce jour, beaucoup de questions et aucune certitude. Par contre, les premières conséquences économiques négatives sont bien visibles. Pour l’Ukraine c’est le risque de ne plus être approvisionné en gaz et même en pétrole russe pour éviter les vols (lire), l’effondrement de sa devise (lire), une plus forte dépendance envers le FMI et ses demandes de réformes structurelles (lire). Pour le reste du monde on observe déjà une augmentation du prix du  gaz (lire) mais pas encore d’impact réel sur les bourses et les métaux précieux. Mais cela pourrait devenir bien pire (voir plus loin).

Sur le plan géopolitique le putsch fomenté par les Etats-Unis en Ukraine tourne pour l’instant à l’avantage pour la Russie (rattachement de la Crimée, sanctions symboliques, etc). Ce nouvel échec américain en plus de ceux essuyés au Moyen Orient et en Afghanistan conforte la Chine dans sa position dure envers le Japon à propos des Senkaku, un archipel inhabité de la mer de Chine orientale contrôlé par les Japonais mais revendiqué avec force par les Chinois sous le nom de Diaoyu. Sur le plan économique une conséquence certaine c’est que cela va pousser la Russie et la Chine à s’unir tout en ayant le soutien de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud et de bien d’autres pays pour créer un bloc alternatif au bloc économique des pays de l’OTAN (lire et lire et lire). Les industries européennes risquent vraisemblablement de se retrouver coupées de marchés prometteurs au sein de ce nouveau bloc alternatif. Sur le plan financier la Russie va accélérer la mise en place d’un système national de paiement. MasterCard a immédiatement réagit en déplorant cette décision (lire).

Mais que risque de faire la Russie si cette guerre financière devait s’aggraver?

La Russie est un acteur majeur dans la production et l’exportation du pétrole, du gaz naturel, de minerais, de métaux raffinés et de minéraux industriels. Les secteurs de l’extraction, de l’énergie et de la chimie sont essentiels pour l’économie russe et une source vitale de devises étrangères (lire). Par conséquent je ne pense pas qu’il faille craindre immédiatement un embargo sur les exportations de nickel, de platine, d’or, de métaux rares, puis une réduction des exportations de pétrole et gaz à destination de l’Occident. Cela provoquerait une flambée des matières premières et une peur panique sur des marchés boursiers très fragiles, fonctionnant actuellement en mode bulle, gonflée par les dettes et le carry trade yen/dollar et yen/euro (lire et lire et lire).

Faut-il craindre une vente brutale de titres de dette américaine détenus par la Russie ? Contrairement à la Chine ou au Japon, le montant détenu par la Russie est relativement faible et pourrait facilement être absorbé par la Fed. Notons au passage que selon la presse belge, ces titres seraient gardés en Europe et particulièrement auprès d’Euroclear ce qui expliquerait pourquoi la Belgique est le 3ème plus gros détenteurs de dette américaine souveraine (lire  et lire).

Ce que la Russie pourrait entreprendre en réponse aux sanctions selon Bloomberg serait de pirater des banques ou entreprises américaines et les hackers russes sont parmi les meilleurs au monde  (lire). Une autre réplique serait pour la Russie de vendre ses titres de dette américaine et d’acheter massivement de l’or afin de pousser les cours à la hausse. Ce métal précieux agissant comme le meilleur indicateur de stress financier cela pourrait engendrer une panique sur les bourses (voir).

En attendant la situation financière continue à se dégrader un peu partout dans le monde :

Japon

Officiellement tout va bien. En pratique :

Le premier ministre Japonais a enfoncé son pays plus profondément dans la crise financière :

  • Le plus grand déficit commercial de l’histoire du pays (lire).
  • Ralentissement économique (lire et lire et lire).
  • Le pouvoir d’achat des Japonais est en baisse (lire et lire).

En attendant Abe,  souffle sur les braises nationalistes et militaires pour tenter de détourner l’attention de l’opinion publique (lire). Dans un contexte de tension croissante avec la Chine … (lire)

Europe

Officiellement tout va bien. En pratique :

Deux exemples qui montrent que tout n’est pas aussi rose qu’on veut nous le faire croire. Bonne nouvelle, la Grèce est revenue sur les marchés et elle a même un excédent primaire (c.à.d. un solde positif du budget de l’Etat en excluant les intérêts de la dette !). Oui mais pour y arriver, Eurostat a dû revoir sa manière de calculer en excluant par exemple les dépenses d’aide aux banques grecques (lire). Espagne ? Le chômage atteint quasiment 26% (lire) et le marché immobilier ne donne aucun signe crédible de reprise (lire).

Etats-Unis

Officiellement tout va bien. En pratique :

  • L’immobilier replonge (mis à part quelques niches), c’est clairement la fin de la pseudo reprise provoquée par des fonds spéculatifs qui ont acheté cash de l’immobilier pour le louer: vente en baisse, taux hypothécaires qui grimpent, saisies en hausse, société de crédits hypothécaires en difficulté (lire et lire et lire et lire et lire et lire et lire et lire).
  • Près de 50 millions d’Américains vivent sous le seuil de pauvreté. 80% de la population est confrontée au chômage, à la pauvreté ou la quasi-dépendance à l’aide du gouvernement pour aider à joindre les deux bouts (lire et lire).
  • Le chômage réel augmente (lire).
  • La bulle de crédit liée aux prêts étudiants donne de plus en plus de signes d’explosion (lire).
  • Les Américains achètent de moins en moins (lire et lire).
  • L’Amérique s’apprête à vivre la plus grosse faillite d’une société non financière (Energy Future Holdings lire).
  • L’armée se prépare-t-elle à gérer des troubles sociaux majeurs ? (lire).

Chine

Officiellement tout va bien. En pratique :

  • Les signes de faiblesse de la méga bulle immobilière continuent à s’accumuler (lire et lire et lire).
  • Les signes de faiblesse de la méga bulle de crédits adossés aux matières premières continuent à s’accumuler (lire et lire et lire et lire).
  • L’économie continue à ralentir (lire et lire et lire).
  • Le Yuan continue à s’affaiblir avec les risques exposés dans mes précédents articles (lire).
  • Les riches Chinois quittent la Chine (lire).
  • Même l’eau courante est très polluée et le pays manque d’eau potable (lire et lire).
  • L’armée se prépare à des troubles sociaux (lire).
  • Les citoyens se ruent sur …l’or (lire).

Nourriture

Comme indiqué dans mon précédent article, un des paramètres les plus importants, à mes yeux, pour mesurer l’imminence de la 2ème vague de la crise est le prix de la nourriture. Et malheureusement les nouvelles ne sont franchement pas bonnes (lire et lire et lire et lire et lire et lire).

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