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Les bruits de bottes s’intensifient !

En septembre 25, 2014, dans Economie & Actualités, Non classifié(e), par Pascal Roussel

Ces dernières semaines, de plus en plus de personnalités ont lancé des mises en garde sur les risques de déclenchement d’un conflit mondial. Ainsi par exemple :

- Selon le Souverain Pontife, le monde actuel vit « une troisième guerre mondiale, mais par morceaux » (lire ici).

- Le 31 juillet dernier paraissait un document officiel rédigé par un groupe d’anciens hauts responsables civils et militaires à la demande du Congrès pour fournir un regard critique sur le calendrier prévisionnel officiel du Pentagone ( lire ici en FR ou ANG). Les auteurs recommandent au Pentagone de se préparer à déclencher jusqu’à une demi-douzaine de guerres simultanément, y compris des guerres dans lesquelles les adversaires possèdent des armes nucléaires !

- Selon Roger Cohen, chroniqueur au New York Times : « instabilité en Ukraine, chaos en Syrie, conflit dans la mer de Chine orientale – les éléments déclencheurs de la 3ème Guerre Mondiale sont en place. » (lire ici en FR ou ANG)

- Martin Armstrong, l’analyste bien connu, estime que « la 3ème guerre mondiale est à l’horizon » (lire ici)

- L’analyste et auteur J.H. Kunstler voit lui aussi les prémices d’un conflit mondial (lire ici et  ici)

-« Nous sommes en guerre » déclarait un député français, le 15/9 lors d’un débat avant le vote d’une nouvelle loi contre le terrorisme, qui prévoit notamment la censure sur ordre de l’Etat des sites faisant l’apologie du terrorisme et l’interdiction de sortie du territoire des personnes soupçonnées de jihadisme (lire ici et ici)

- Les frictions militaires entre les US et la Russie s’accumulent. Citons 2 exemples récents: des F22 américains interceptent 6 avions militaires russes sur les côtes de l’Alaska (lire ici) et en mer Noire, à la stupeur des américains, un avion Su-24 russe a simulé une attaque au missile contre l’USS Donald Cook en parvenant à neutraliser par brouillage son système de combat de dernière génération Aegis (lire ici)

- Une campagne publicitaire anti-islam sur les bus new-yorkais prépare le « bon peuple » à bien identifier tout musulman comme l’ennemi à abattre (lire ici)

- La Russie vient de démarrer un exercice militaire de très grande ampleur impliquant 155000 hommes, 4000 chars, 632 avions et 84 bateaux (lire ici)

- etc

Des points communs avec les 2 premières guerres mondiales ?

Alors pourrait-on subir une troisième guerre mondiale ? Heureusement on n’en est pas encore là !

Les deux premières guerres mondiales, bien que différentes, possédaient des caractéristiques communes. Citons par exemple :

- La situation géopolitique était instable un peu partout dans le monde. Il n’y avait nulle part de véritables havres de paix.

- Les deux guerres mondiales ont débutés dans un contexte de grave crise financière. Inutile de rappeler la grave période de dépression économique juste avant la 2ème guerre mondiale. Ce qui est moins connu, c’est qu’avant la première guerre mondiale, une grave crise financière avait frappé en 1907. Elle avait d’ailleurs permis la malheureuse naissance de la Réserve Fédérale et la mise en place d’un impôt sur le revenu des citoyens américains (voir par exemple ceci ou lire ceci en FR ou ANG ou ANG).

- Quand les évènements déclencheurs de ces guerres se sont produits, l’escalade a été très rapide, nombreux ont été « dépassés par les évènements » et se sont retrouvés en guerre sans rien avoir vu venir (lire par exemple ceci).

Instabilité géopolitique un peu partout dans le monde, crises financière, sociale et économique mondiales, militarisation de la police américaine, fanatisme religieux, risque d’escalade: le parallèle saute aux yeux.

J’invite d’ailleurs le lecteur curieux à creuser davantage la comparaison en lisant par exemple ceci en FR ou en ANG ou ANG ou ANG.

La plupart d’entre vous auront déjà certainement écouté le célèbre discours de D. Eisenhower contre le complexe militaro-industriel (voir ici). Mais malheureusement depuis 1961, l’influence de l’élite oligarchique américaine sur ce complexe militaro industriel n’a fait que grandir (voir par exemple ici l’interview de L.Wilkerson , colonel retraité de l’armée US).

Quelles pourraient être les limites à ne pas franchir ?

- Dans mes précédents billets, j’ai déjà largement évoqué l’horrible guerre civile en Ukraine qui trouve son origine aux US et dans les pays de l’Otan et qui est actuellement alimentée par la Russie et l’Otan. L’information est noyée sous la propagande et la contre propagande. Lire par exemple ici l’excellent article de Karel van Wolferen, un très célèbre journaliste Néerlandais et professeur émérite de l’Université d’Amsterdam. Plus incroyable encore, lire ici la dernière publication du « Council on Foreign Relation » le très influent « Think Tank » qui a compté parmi ses membres plus de 12 Ministres des Affaires Etrangères US. On peut y lire « Selon la présentation des événements, qui prévaut dans l’Ouest, la crise en Ukraine serait le fait de l’agression russe…. Mais cette version est fausse: Les Etats-Unis et leurs alliés européens partagent l’essentiel de la responsabilité de la crise…. ». Si l’Ukraine devait un jour devenir membre de l’Otan cela serait considéré par les Russes (à tort ou à raison) comme un acte de guerre (lire par exemple ici ).

- En août dernier, l’Angleterre a demandé à ce que la Russie soit coupée du réseau SWIFT (lire ici). L’Union Européenne l’envisage ( lire ici et ici). Heureusement cette demande est restée sans suite car il est probable que la Russie aurait vigoureusement réagit. Pourquoi? Lorsque vous demandez à votre banque A de transférer 100 euros de votre compte vers le compte d’un destinataire dans une autre banque B, il n’y a bien évidement pas un fourgon blindé qui va faire le voyage avec vos 100 euros. En pratique, la banque A va informer la banque B qu’elle lui doit 100 euros. L’instant d’après c’est vraisemblablement un transfert inverse qui se produira et c’est la banque B qui va informer la banque A d’un transfert. Et ainsi de suite tout au long de la journée. A la fermeture, ces opérations seront soldées et l’une des deux banques va devoir de l’argent à l’autre. Elle lui demandera un prêt pour la nuit et les transferts reprendront le lendemain. On voit que la communication interbancaire joue un rôle essentiel et c’est là le rôle de SWIFT une société détenue et contrôlée par les plus grosses banques mondiales. SWIFT offre des services de messagerie standardisée de transfert interbancaire et des interfaces à plus de 7 800 institutions dans plus de 205 pays, pour environ 22 million de messages quotidiens représentant un montant total se chiffrant en milliers de milliards de dollars US. Etre coupé de SWIFT signifie l’asphyxie pour une banque et entraîne une mort quasi assurée par manque d’accès aux transactions internationales.

- Le Moyen Orient reste un catalyseur pour un conflit mondial. Officiellement c’est la situation humanitaire qui prévaut alors qu’en pratique ce sont plutôt les intérêts gaziers, pétroliers et le désir des grandes puissances de remodeler la région en une multitude de petits Etats, non viables, religieusement homogènes et dirigés par des chefs de tribus à la solde de ces grandes puissances. Lire à ce sujet la mise en garde des Russes (ici). Selon le Réseau Voltaire, généralement bien informé sur le Moyen-Orient, l’Etat Islamique a été financé par les US en vue de réaliser un remodelage du Moyen-Orient et d’exporter le terrorisme islamique en Chine et en Russie (lire ici et ici).

- Pour la stabilité financière mondiale et pour maintenir le statut du dollar US comme monnaie « crédible » de réserve, il est essentiel que le prix de l’or ne grimpe pas et qu’aucun pays souverain ne manifeste un intérêt particulier pour l’or. En effet, de même qu’un canari prévient d’un coup de grisou dans une mine, une flambée du prix de l’or indique une perte de confiance dans la monnaie papier. Or, provocation, la Russie et la Chine ne cessent d’accumuler de l’or. Ce que l’on constate c’est que la Russie renonce à un avenir économique avec l’Europe et renforce ses relations commerciales avec les autres membres des BRICS avec comme but affiché de se détourner du dollar et de la dette américaine  (lire ici et ici). Notons au passage, à propos de l’or, que le nombre de gros lingots de 12.5 kg achetés par les super riches a augmenté de 243% depuis le début de l’année. Est-ce que ces privilégiés probablement bien informés, craignent un futur moins rose que celui présenté dans les média traditionnels ? (lire ici).

Quelle sera le véritable déclencheur ? Une attaque sous fausse bannière ?

Risque de crash boursier

Non seulement la situation géopolitique mondiale n’est pas brillante mais le monde financier est de plus en plus instable.

- Attention aux risques de valorisation des actifs dans certains segments clés du marché. C’est en substance l’avertissement que lance l’Autorité Européenne des Marchés (Esma) dans la deuxième version pour 2014 de son rapport, « Trends, risks and vulnerabilities » (lire ici). « Le sentiment de marché positif prédominant a été en contradiction avec des fondamentaux économiques sous-jacents moroses, mais en ligne avec l’environnement de taux ultra-bas », relève l’Esma.

- La BIS (la banque centrale des banques centrales) a déjà publié de nombreux avertissements (lire par ex ceci)

- Le FMI prévient que les risques d’une correction brutale grandissent (lire ici)

Les mises en garde pleuvent mais pour autant la liquidité surabondante en provenance des banques centrales et en quête de rendements dans un univers de taux ultra bas, ne trouve pas de meilleurs placements que les marchés boursiers.

Evolution de l’indice américain S&P 500

Dans ce contexte comment comprendre la dernière baisse surprise des taux de la BCE et l’annonce de rachats d’ABS (avec l’aide de Blackrock) ?

L’action de la BCE qui vise à augmenter encore plus la liquidité n’est probablement pas étrangère à la publication, le 17 octobre prochain, des résultats de son audit sur la qualité des actifs bancaires. Il pourrait révéler quelques mauvaises surprises…

Cette proposition de rachat d’ABS a été vivement critiquée par les Allemands qui craignent que la BCE manque d’expertise (lire ici). Pour ceux qui ne connaîtraient pas Blackrock, le numéro un de l’oligarchie financière, voici un aperçu (extrait de wikipedia) :

BlackRock est la première société de gestion d’investissement au monde avec environ 4590 milliards de dollars d’actifs sous gestion. En dehors de ces 4 590 milliards de dollars provenant de la gestion d’investissement institutionnel, presque 75 % des capitaux contrôlés sont dans des instruments de revenu pour une clientèle non institutionnelle, faisant de BlackRock un géant de ce domaine. Blackrock exerce une grande influence à Wall Street et à Washington D.C. et compte parmi ses actionnaires, les Rothschilds, Élisabeth II du Royaume-Uni, l’homme politique et homme d’affaires américain Al Gore, le baron pétrolier Maurice Strong, Warren Buffet, George Soros et l’homme d’affaires mexicain Carlos Slim.

Ce même Blackrock qui avertissait en mai dernier que le marché immobilier américain est en encore moins sain que lors de la dernière bulle (lire ici)

Alors est-ce que Blackrock sera un conseiller neutre et soucieux des intérêts des populations européennes ?

De toute évidence les puissances financières font tout pour maintenir le système à flot même si l’impact sur l’économie est clairement nul. Pourquoi? Certainement pour gagner du temps comme l’affirme R.Ruparel un chroniqueur de Forbes ( lire ici).

Pour les néo-keynésiens il s’agit de donner du temps à l’économie de redémarrer. Pour cette vaste majorité d’économistes et de conseillers, ce qui compte c’est la consommation même si elle est à crédit.  Comme le dit Simone Wapler ( ici) « En moyenne, en trente ans, aux US,1 $ de dette supplémentaire achète 0,18 $ de croissance. Le keynésianisme ne crée pas de richesse, il crée simplement de la dette ».

Pour d’autre, il s’agirait de gagner du temps avant l’éclatement d’un conflit mondial inévitable, un grand « reset » de l’économie et du monde financier qui permettrait de grandes réformes (comme par exemple la mise en place d’une monnaie et d’une gouvernance mondiale).

Alors qu’est-ce qui arrivera en premier un conflit mondial ou un effondrement financier ? Et si les deux arrivaient ensemble ?

Mon but n’est pas de faire peur ni de déprimer les lecteurs mais de les prévenir. Pour ma part je suis convaincu que de nombreuses bonnes opportunités surviendront une fois que le système sera remis à plat. Ce site donne des informations générales et ne contient aucun conseil en investissement. Le lecteur reste responsable de ses choix d’investissement.

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